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A L’ENDROIT : Chronique

A L’ENDROIT : Une série de chroniques écrites par Sébastien Lerebours.

C’est quand même fou l’effet, l’effet que ça fait(1)...

Hier, Je suis allé chez le marchand de café. La boutique est situé sous un pont de chemin de fer, dans le centre d’une ville de la méditerranée. Le café est torréfié sur place: Arabica, Robusta, café de Colombie, d’Inde, d’Afrique. Je choisi souvent du moka d’Éthiopie, la vendeuse actionne une tirette alors les grains sortent du silo, ils sont pesés, moulus à la demande selon que la cafetière soit Italienne, à pistons, selon le modèle du percolateur ou selon que l’on veuille faire le café à la manière turque.

Pendant le temps durant lequel la vendeuse est à l’œuvre j’observe les multiples tasses exposées dans la vitrine tout en humant la chaude et douce odeur du café. C’est là que l’histoire se corse : de retour à la maison, encore enivré par les parfums du Yirgacheffe, du Sidamo et du Mysore, j’allume la radio qui diffuse: « Black Coffee » interprété par Houston Person,  « Coffee Blue » interprété par Mississippi John Hurt et « One More Cup of Coffee » interprété par Frazey Ford.

Programmation surprenante à l’heure de l’apéritif. De plus en plus fort : dans la soirée je reprends la lecture d’un roman de John Fante qui s’intitule ''Pleins de vie'', bien entendu, il est question de café. Je cite ici les extraits : « Nous expérimentions toutes sorte de recettes pour la préparation du café ...nous préférions la méthode du filtre. Chaque matin nous avions un petit rituel: moudre le café en grains, ajouter une pincée de sel, puis verser de l'eau très chaude, mais non bouillante ... La méthode de papa consistait à jeter plusieurs poignées de café moulu dans une casserole d'eau, puis cuire le tout. Il ajoutait aussi des coquilles d'œuf et faisait bouillir la mixture afin d'obtenir une sorte de soupe de café ».

Je pose le bouquin, je m’assoupie, une mélodie vient à mon esprit, c’est une infusion galactique servi par Galt MacDermot « Coffee Cold ». Je m’endors expresso, dans mes songes filtrent différentes moutures du titre « One more Cup of Coffee », celle de Bob Dylan, l’originale, écrite en 1976 avec un son de violon bohémien, celle plus électrique des White Stripes ou bien celle de Eric Burdon. Puis vient un rêve étrange, une vision de James Brown en train d’interpréter : « Stay on the scene like a coffee machine, one more cup baby, one more cup », James mime le geste d’un buveur de café tout en dansant frénétiquement.

Premiers rayons du soleil, je me réveille, m’habille et me dirige vers le percolateur, c’est un rituel immuable, faire un café « One cup of Coffee »comme l’a chanté Bob Marley au début de sa carrière. Je le prends sans sucre.

1 – In « Couleur café » Serge Gainsbourg