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Benji Chronikeul : Kendrick Lamar

Benji Chronikeul : Kendrick Lamar sur "To Pimp a Butterfly"

Salut à tous amateurs de beaux sons et d'éclectisme en tous genres.

Aujourd'hui je ne vais pas y aller par quatre chemins puisqu'on va parler du présent et surtout du futur du Hip-Hop mondial. A savoir Monsieur Kendrick Lamar, connu et reconnu par ses pères, surtout après son dernier album, troisième du nom, sorti en 2015, "To Pimp a Butterfly", déjà élevé au rang de classique.
Avec tout le respect que je dois au leads guitar des Stones, Keith Richards n'avait pas du entendre Kendrick Lamar en live avant de déclarer que "le Hip-Hop n'était pas de la musique". Son avis aurait été tout autre après ça sinon je considère le rockeur dénué de toute oreille musicale!

Le garçon est né en 87 à Compton en Californie, du coup il a pas mal de référence en matière de Hip-Hop sous la main! Il tournera même dans le clip "California Love" de Tupac et Dr. Dre. C'est une révélation mais le mec garde la tête sur les épaules et fera des études brillantes.
En 96 il sort une première mixtape "Youngest Head Nigga in Charge" sous le pseudo K-dot. Celle-ci fait l'unanimité et il signe avec un label indépendant, Top Dawg Entertainment, ou il sort sa deuxième mixtape deux ans plus tard "Training Day" également bien accueillie et contenant 26 pistes ! Déjà prolifique en écriture le petit génie !


Entre 2006 et 2007 il participe à la tournée de The Game, en 2008 posera pour le premier single de Jay Rock "All my Life" et en 2009 sort sa troisième mixtape "C4". Suivront ensuite un premier EP et une quatrième mixtape "Overly dedicated" téléchargeable gratuitement sur le net. Celle-ci est acclamée et le morceau "Ignorance is bliss" (tuerie...) attire l'attention de Dr Dre qui lui fera participer au projet "Detox".


Le graal arrive en 2012 avec sa signature chez Aftermath et donc la fin de sa carrière d'artiste indépendant. L'album arrive ensuite très vite et casse tout! "Good Kid m.A.A.d city" est une dinguerie et se vend à 242 122 exemplaires en une semaine pour finalement finir disque de platine! "The Recipe", "Swimming pools" et "Backseat Freestyle" deviennent des morceaux références!
Vient ensuite les nominations aux Grammy, la tournée avec Kanye West, l'apparition sur le huitième album d'Eminem " The Marshall Mathers LP2" et un clash avec la nouvelle génération de MC's suite à son couplet sur le morceau "Control" de Big Sean ou il se dit "roi de New York" et se comparant à Jay-Z, de Nas et Eminem.

Mais le bonhomme influencé dans sa jeunesse par Mos Def, Snoop, DMX, Rakim, Dr. Dre et Tha Dogg Pound sait où il va.......
Il va à la consécration et à l'album qui fait l'objet de cette chronique, "To Pimp a Butterfly", élu en 2016 album rap de l'année rien que ça!

Alors que "Good Kid m.A.A.d City" était influencé par du Gangsta rap des années 90, "To Pimp a Butterfly" prend lui un tout autre virage, plus éclectique, plus déroutant, plus complet. Il explore la Soul, le Free Jazz, la Funk et l'électro. L'album de la maturité en quelques sorte, un disque plutôt conceptuel qui le voit utiliser tous les styles musicaux par lesquels il fut influencé dans sa jeunesse.
Les thèmes abordés sont légions : inégalité raciale, discrimination institutionnelle, matérialisme, rap conscient et son contraire. La culture afro-américaine est également au centre du débat.


Pour matérialiser tout ça, un nombre de sample impressionnant furent utilisés sur l'album : Boris Gardiner "Every Nigger is a star" sur le morceau "Wesley's Theory", Michael Jackson, Jay-Z, James Brown, Parliament sur "King Kunta", Rick Ross sur "Alright", Radiohead sur "How much a Dollar cost", Les Isley Brothers sur "i" ou bien encore Houston Person sur "Mortal Man". Touche à tout on vous dit...


Une production riche,généreuse, inventive, modernisant la musique noire à l'image du morceau qui ouvre l'album "Wesley's Theory" avec George Clinton.
Mais s'est surtout un album destructuré ou seul Kendrick Lamar a les clés. On ne sait jamais sur quoi on va tomber, c'est déroutant. Sur chaque pistes se trouve des séquences différentes, des instrus avortées, des changements de rythmes avec 10000 flows de cinglés plus abérrants les uns que les autres !
Parlons en du flow, c'est à la fois vénère, posé, doux, parlé, c'est du lourd quoi!

 


Un album a mille facettes, bourré de nuances. Conceptuel surtout avec des instrumentations complexes et des lyrics ardus qui en font un disque ou aucun morceau ne ressort vraiment. D'ailleurs un album sans single ou très peu de titres furent dévoilés avant! Le disque est sorti une semaine plus tôt faisant la nique à tous les pirates! Précurseur...


Bref c'est une multitude d'histoires n'ayant aucun rapport les unes avec les autres, une oeuvre d'art qui ne ressemble à rien d'autre. Un grand spectacle. C'est pour cela qu'il vaut mieux écouter l'album par set et non d'une traite, tout étant tellement différent, haché: les voix, les sons, les ambiances.....

Enfin la pochette est un choc à elle seule. Réalisée par un français, Denis Rouvre, elle place les potos du Mc sur la pelouse de la Maison Blanche, alcoolisés, tatoués, a moitié a poil des billets de banque à la main assis sur un juge!!!!! Un gros bras d'honneur à tous les magistrats détenant des parts dans les prisons de Californie! Couillus....

Un culte du Hip-Hop, décousu et déroutant. Surprenant de bout en bout. Un désormais classique, unique en son genre et sans comparaison aucune.
A noter que l'artiste est également monstrueux en live, ses prestations lors des différentes cérémonies parlent pour lui, des millions de vue sur le net entouré souvent par des orchestres au grand complet!


Sa part en vrille, s'est déglingué, s'est subjugant, sa prend à contre pied, c'est Kendrick Lamar.
Le Hip-Hop a de quoi voir venir.......