Benj Chronikeul : Geto Boys

Geto Boys « We can’t be stopped »

Si on pense encore que le rap gangsta n’était qu’une question de pose de cinéma et de bluff, la pochette mythique et véridique de l’album le mieux vendu des Geto Boys prouve bien le contraire!!! Scarface et Willie D escortant à l’hôpital un Bunshwick Bill venant de se tirer une balle dans l’oeil suite à une dispute conjugale fait mal au crâne!! Ca rigolait pas dans les ghettos de Houston! Un petit coin caché du Texas où Comptonpasserait pour un parc d’attraction….
Groupe créé donc en 1986 (The Sire Jukebox, DJ Ready Red, Prince Johnny C et Bushwick Bill) les Geto Boys sortent très vite un premier disque « Making Trouble » en 1988 qui passe inaperçu. Le petit groupe se sépare et se reforme rapidement avec deux artistes solos qui seront bientôt la colonne vertébrale du groupe : Scarface et Willie D. Leur signature? Des paroles sur des sujets plus que délicats comme les expériences psychotiques et le gore ainsi que sur la misogynie ou même la nécrophilie. Considérés par beaucoup comme le groupe pionnier du Dirty South, ils gagnent cette réputation grâce a leur deuxième album sorti en 1989 « Grip it! On That Other Level » ou ils poussent la formule gangsta au bout de sa logique meurtrière, vénale et luxurieuse grâce au titre « Mind of a Lunatic » qui préfigure une vague Horrorcore! A cause de cela ils auront d’ailleurs quelques démêlés avec leur label et la censure!
Mais comme le signalait l’album présenté ici, sorti en 1991, rien ne pourrait les arrêter! Peut être pas leur plus grand disque (question de goût) mais le disque qui contient leur plus grand titre avec « Mind playing tricks on me », immense morceau Hip Hop, l’un des plus samplés de ces 20 dernières années! La boucle de guitare est d’ailleurs dénichée chez Monsieur Isaac Hayes!
Le reste de l’album reste d’ailleurs tout aussi constant et complet. Les 3 MCs mélangeant titres individuels et collectifs. Les rois du scandale et de l’outrance au funk chaud bouillant à la Public Enemy et N.W.A en plus extrêmes et morbides. Sur les sons et les paroles surtout avec « The Other Level » ou Bushwick Bill laisse libre cours a des fantasmes lesbiens. Aussi sur « Fuck a War », engagé, hostile à la guerre du Golf et ou les MCs suggèrent de rayer l’Irak de la carte du monde!!!??!!! Plus fort encore en samplant le manifeste féministe de Queen Latifah « Ladies first » ou Willie D répond « I’m not a Gentleman » avec de grandes considérations sexistes!
Bref, c’était ça les Geto Boys, brutal et dérangé voir choquant et dérangeant. Et en plus, tout ça n’a pas pris une ride!
Réédité en vinyle et trouvable à un prix plus que raisonnable (entre 15 et 20 euros), il est comme son confrère « Enta da Stage » de Black Moon (peut-être aussi l’objet d’une prochaine chronique) vraiment immense lorsqu’on l’écoute au casque sur platine. La violence de l’album ne prend que plus d’ampleur!

Alors allez! C’est parti pour une dose de rap sale, le seul, le vrai, celui qui sent le bitume !!!!!

La Chronique de Seb L.

A BON ENTENDEUR SALUT

Jour d’automne. En triant des disques trouvés dans des vide-greniers ces derniers mois, je rassemble trois exemplaires du double album « Sex Machine » de James Brown(1), enregistrement live(2) de 1970. Je suis prêt à faire un examen des pochettes et à écouter les disques.

Lorsque je sors la sous-pochette de l’intérieur d’un des exemplaires Serge Gainsbourg apparait, son portrait photo est imprimé dessus. Elle a été glissée là par erreur ou bien par jeu, provocant ainsi une rencontre entre l’auteur de « Sex Shop » et celui de « Sex Machine».
« Avec machine moi machin on se dit des choses, des machins » a chanté Serge Gainsbourg dans le drôlement pudique morceau « Machins choses ».
Viennent ensuite à mon esprit les titres « La décadence », « Je t’aime . . . moi non plus », « Love on the beat » parmi d’autres élégamment teintés d’érotisme. Sur ce thème Serge Gainsbourg en a écrites des paroles crues, sensuelles, voluptueuses, composant avec orgues et orgasmes, cris et cuivres tout comme le fit James Brown dans des interprétations parfois plus fougueuses, inscrivant lui aussi l’amour physique dans un registre mystique. Je trouve finalement là Gainsbourg en bonne place.
Je prends le vinyle en main : sur le rond central, face 1, une spirale est dessinée, un truc de disc jockey, l’inscription «Cabaret Disco 7» tamponnée à l’intérieur de la pochette ouvrante le confirme.

Exemplaire suivant : « Safe Sex Machine », les disques et la pochette sont en très bon état, visiblement très délicatement manipulés par le précédent possesseur de l’album.

Concernant le troisième des exemplaires, je suis totalement stupéfait en découvrant un disque sauvagement rayé. Le vinyle est marqué par de multiples, longues et profondes traces de diamant(3). Peut être une chose faite à plusieurs, sans nul doute un acte fiévreusement exécuté dans un état spasmodique avancé. Peut être même le résultat d’une pratique sadomasochiste.
Des rayures qui produisent grésillements, craquements, chuintements, crépitements mêlés à la voix de James toujours prêt à se lever et faire son truc, tu sais . . . « like a sex machine ».

Seb L

1 – Il s’agit de trois exemplaires du pressage édité en France par le label « Polydor ».
2 – Les titres du premier disque ont été enregistrés en studio avec des effets de réverbération puis mixé avec des applaudissements. Un seul titre du second disque a été apparemment enregistré lors d’un concert dans la ville d’origine de James Brown, Augusta en Georgie (USA).
3 – Dans le mécanisme d’une platine vinyle le diamant est l’élément de la tête de lecture en contact avec les microsillons du disque.

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