Benji Kronikeul: Beatles « Abbey Road »

Salut à tous !

Quel plaisir de retrouver nos chroniques sons sur Radio Krimi qui, comme vous pouvez le constater a sortie l’artillerie lourde : nouveaux arrivants dans l’équipe, petit coup de lifting sur le site de la radio et surtout de la comm’ en veux tu en voilà (poster, T-Shirt, cartes postales…). Et le plus important, de beaux projets en perspective ! Mais je n’en dis pas plus !!

Alors pour le coup et pour fêter ça, une fois n’est pas coutume, je ne vais pas m’ intéresser à un morceau en particulier mais plutôt à une face, une face B en l’occurence….
Et quelle face B !!! Si j’ai la chance d’être papa un jour, la première chose qu’il écoutera dans sa vie sur une platine c’est cette fameuse face B ! Alors si je vous dis « Here comme the sun », « Because » et le fameux medley composé de « You never give me your money », « Sun King », « Mean Mr. Mustard », « Polythene Pam », « She came in through the Bathroom Window », « Golden Slumbers », « Carry that Weight » et comme une prémonition « The End » vous me dites ??
Abbey Road du groupe le plus légendaire de l’histoire de la musique : Les Beatles bien sur….

Mais avant d’entrer en détail dans cette face B de légende parlons quand même un peu de cet album complet en restant dans les grandes lignes. Il y aurait tellement à dire également sur la face A et sur la pochette (une des plus connue de l’histoire du vinyle).
Abbey Road c’est tout d’abord un énorme succès commercial avec plus de 30 millions d’exemplaires vendus dans le monde soit la deuxième meilleur vente des Beatles après « Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band ». C’est aussi le dernier album du groupe, malgré le fait que « Let it be » soit sorti sept mois plus tard : Abbey Road a été enregistré en dernier !
Et pour un dernier coup, ce fut un coup de maître, un album que les Beatles, malgré une ambiance pesante (John et Paul ne se supportent plus, George se trouve trop en retrait…), veulent avoir la possibilité de jouer en live. Comme « Let it be ».
George Martin est donc appelé pour enregistrer dans les studios d’Abbey Road cette fameuse galette qu’ils veulent « comme avant », c’est à dire sans changer la piste avec des overdubs ou d’insérer de nombreux instruments. A noter que John Lennon ratera une partie des sessions d’enregistrements suite à une convalescence due à un accident de voiture.

En ce qui concerne la pochette, c’est certainement la plus connue dans l’histoire de la musique. Inutile de dire qu’aujourd’hui le passage piéton d’Abbey Road est submergé de fans et d’amoureux de la musique! Pourtant la photo n’aura pris que 10 minutes. Elle est très simple : en début de file, John Lennon cheveux long, tout de blanc vêtu, suivi de Ringo Starr habillé en noir, ensuite il y a Paul McCartney en gris avec une cigarette dans la main droite et les pieds nus et enfin George Harrison en Jean. Pour la petite anecdote, les Beatles adressent un message sur cette pochette : ils traversent le passage piéton comme si ils quittaient les studios, et non comme si ils s’y rendaient. Et si on veut être pointilleux, les pieds nus de Paul veulent marquer une différence et font suite à une rumeur sur sa mort en 1966 !!
Concernant la face A, elle peut elle aussi être considérée comme un chef d’oeuvre sachant qu’elle s’ouvre en plus sur une ligne de basse devenue l’une des plus connues de l’histoire de la musique « Come Together ». Ensuite vient une chanson de George : « Something », sa plus célèbre d’ailleurs ! Suivront après « Maxwells Silver Hammer » (chanson la moins connue de l’album), la ballade rock « Oh! Darlin », une chanson de Ringo ! « Octopus ‘s garden » et un rock brulant « I want you » de Lennon pour sa femme Yoko!!

Désormais passont au mythe, à cette légendaire face B……

Elle est remplie de morceaux de courte durée ajustés ensembles créant le fameux medley. Un véritable feux d’artifice en fait! Toutes les chansons du medley sont signées Lennon/McCartney et celui-ci occupe quasiment toute la totalité de la face B, précédée seulement par deux superbes morceaux que sont « Here comes the Sun » signé George et « Because » de Lennon/McCarney.
Le medley débute donc avec « You never give me you money » qui parle de l’argent et qui constitue le thème principal du medley. Il est suivi ensuite de trois compositions inachevées de John Lennon soit « Sun King », « Mean Mr. Mustard » et « Polythene Pam », un gros rock pétaradant! Le morceau suivant est plutôt pop et s’inspire de faits réels, « She came in through the battront window« . Il raconte comment des fans se sont infiltrés dans la maison de McCartney. Viens ensuite une belle ballade de Paul,« Golden Slumbers » inspirée d’une comptine dont il n’arrivait pas a lire la mélodie et dont il composa une partition et changea les paroles à sa manière. « Carry that Weight », de Paul également, raconte ensuite les angoisses de ce dernier concernant la fin des Beatles.« The End », prémonitoire, arrive donc en dernier. C’est la fin, les Beatles savent qu’ils sont au bout du chemin. C’est une chanson avec trois guitares lead, pas de basse ni de guitare rythmique, et chaque Beatles y fait un solo avec une guitare différente. Ringo qui pour sa part n’est pas amateur de ce genre de démonstration y placera quand même un solo de batterie, l’unique solo de batterie de l’histoire des Beatles!! D’après les techniciens des studios d’EMI, le moment ou les trois Beatles jouent avec leur guitare est certainement le moment le plus magique de leur carrière….
Le medley se finit sur un message d’amour qui trace un parallèle avec leur toute première chanson « Love me do ».
Pour la petite histoire, une chanson est cachée à la fin de la face! Après un blanc de 15 secondes « Her Majesty » arrive et dure……23 secondes! La plus courte chanson du groupe, déclaration d’amour à la reine d’Angleterre !! C’est ainsi la première chanson cachée de l’histoire de la musique.

Mais finalement ce n’est pas ce que les morceaux racontent qui importe, c’est l’harmonie qu’il y a entre eux. Une cohérence pure, une évidence…C’est tout simplement beau et mélodique à souhait! ça coule de source, on pose cette face B sur la platine et on se laisse emporter, on s’évade, bercé par ce son « rond » des Beatles (comme dit ma femme). Tout simplement une ode à la musique pour un groupe au crépuscule d’une carrière légendaire qui les propulsera au panthéon de la musique.

Pour conclure, inutile de dire qu’avoir cet album culte à la maison s’impose même si l’on est pas un grand amateur du groupe. Un album et une face B marqué au fer rouge dans l’histoire. Inutile également de dire que le posséder en vinyle, pour ma part, c’est comme posséder une parcelle de l’histoire de la musique. Etant réédité, il est très facile de se procurer ce disque moyennant une trentaine d’Euros. Un prix ridicule pour ce symbole, je pourrai mettre ce prix rien que pour la pochette!!!
J’ai la chance d’en avoir trois à la maison dont un pressage original appartenant à ma femme, encyclopédie des Beatles à elle seule et qui m’a beaucoup inspiré pour cette chronique.
Alors quand je sors le vinyle de sa pochette et que je le mets sur la platine, je penses à elle mais aussi à quatre gars qui, le temps de quelques derniers enregistrements ensemble (sans Lennon parfois) nous ont donné un dernier grand moment de musique, un dernier instant de grâce avant de redevenir individuellement de simples mortels. Un groupe devenu juxtaposition de talent qui explorent tous les genres….

Mon premier est donc Beatles, voir mon second (The White Album).……tout le reste est bon dernier.

Bye Bye. Benj.

Abbey Road Beatles
Abbey Road Beatles

A BON ENTENDEUR SALUT: Une Chronique de Seb L.

L’autre soir après avoir écouté de la musique toute la journée, j’ai particulièrement apprécié le silence dans la maison, lorsque la circulation des automobiles a cessé et que le chien de la voisine est endormi, le silence devenait intérieur, puis l’air de la chanson The Sound Of Silence est venu à mon esprit. Une chanson de Paul Simon peut-être écrite suite à son passage sur une piste d’aéroport ou après un séjour dans une maison où un chien dans le voisinage aboie fort.

Si des sons peuvent en appeler d’autres, le silence est source d’inspiration.  Au départ, le peintre a une toile. L’écrivain a une feuille de papier. Le musicien, lui, a le silence. (Keith Richards). Encore que le silence absolu, étant une absence totale de vibrations, suppose qu’il n’existe plus aucunes agitations moléculaires, cette condition est remplie seulement dans le vide ou à la température du zéro absolu (- 273,15 °C)(1) , DJ Krimi tu peux repasser le disque de Salsa s’il te plait ?

En solfège les silences sont des signes qui indiquent un arrêt de la production de sons musicaux pendant une durée spécifiée(2). L’auditeur appréciera ici : un trente-deuxième de soupir, là : une demi-pause, il ressentira la tension crée par un break de batterie à condition que le chien de la voisine, qui a pour habitude d’aboyer intempestivement, soit assoupi, ce sera alors le moment idéal pour écouter la version silencieuse du titre Beware (The Funk Is Everywhere) de Afrika Bambaataa, cela pendant vingt secondes ou bien l’œuvre silencieuse 4’33’’ écrite par John Cage en 1952 dont le titre indique la durée, selon John Cage ce n’est pas un morceau tout à fait silencieux mais qui est en fait constitué de sons de l’environnement, que les auditeurs entendent lorsqu’il est interprété(3) . . . par exemple les aboiements d’un chien.

4’33’’ a été interprété par un grand orchestre lors d’un concert filmé, en effet la moindre manifestation venu du public prend une dimension particulière, à ce propos lors d’un concert en Juillet 2014 à la salle Pleyel le pianiste Keith Jarrett a quitté la scène avant la fin de son programme cela à cause des bruits de toux d’un spectateur au premier rang ; à ne pas confondre avec Keith Richards, guitariste des Rolling Stones, qui s’accommodera aisément des cris d’une fan hystérique surtout si elle est placée au premier rang. Le titre 4’33’’ a été choisi délibérément par John Cage car le total de cette durée convertie en seconde correspond à 273 soit la valeur du zéro absolu.

Le silence de quatre minutes enregistré sur le titre Are We Here ? (Criminal Justice Bill ?) du groupe anglais Orbital est un silence protestataire contre la loi Criminal Justice And Public Order Act visant à pénaliser les comportements anti-sociaux au Royaume-Uni en 1994. There is A Riot Going On de Sly and the Family Stone sur l’album éponyme est une piste non existante, avec une durée nulle uniquement mentionnée sur la pochette(4).

Sur un disque test de platine vinyle j’ai trouvé une piste silencieuse destinée au réglage de l’anti-skating(5) du bras de lecture, pendant un moment  j’ai cru que c’était du John Cage, bien qu’il m’a aussi semblé reconnaitre le titre Marche funèbre composée pour les funérailles d’un grand homme sourd de Alphonse Allais écrit en 1897.

Silence on ne danse plus: Barclay a sorti un titre silencieux pour jukebox qui, sélectionné entre deux 45 tours de Mambo et de Rock’n’roll, servait de pause pour les danseurs surchauffés.

‘’Silence ! Moteur ! Ca tourne ! Action’’ Concernant la bande son d’un film le silence total est rare et peut être ressenti comme un incident technique.

Dans le film Tirez sur le pianiste de François Truffaut, un plan silencieux de quelques secondes est remarquable, a propos Truffaut a déclaré : ‘’ Dans le livre de David Goodis(6), à la fin, il y a une petite maison dans la neige, des sapins et une petite route en pente: on dirait que la voiture glisse sur cette route sans qu’on entende le bruit du moteur. J’ai eu envie de réaliser cette image. J’ai peut-être fait le film pour ce plan-là’’.

Enfin je propose l’écoute des albums suivants: The Nothing Record Album, accompagné d’un livret vierge et d’un poster qui n’est autre qu’une page blanche.

Ainsi que de Sounds Of Silence – The most intriguing silences in recording history!  anthologie réunissant des morceaux de musique silencieuse issus de l’histoire du disque. A jouer pas trop fort au cas où la voisine se soit endormie . . . 

Entends ce bruit fin qui est continu et qui est le silence, écoute ce que l’on entend quand rien ne se fait entendre (Paul Valéry).

Références discographiques

  • The Sound Of Silence – Simon and Garfunkel – Single – (Columbia) 1964.
  • Beware (The Funk Is Everywhere) – Afrika Bambaataa – Album – (Tommy boy music) 1986.
  • 4’33’’- John Cage – Ep – (Peters  New York  Ep n° 6796 1952) 1952.
  • There is A Riot Going On – Sly and the Family Stone – Album – (Epic records) 1971.
  • The Nothing Record Album  – Album – (Solid Gold Record) 1978.
  • Sounds Of Silence – The most intriguing silences in recording history! – Album – (A Musik) 2013

Images

  • 4’33’’ de John Cage : Interprétation par un grand orchestre https://www.youtube.com/watch?v=zY7UK-6aaNA
  • 4’33’’ de John Cage: Death Metal cover http://youtu.be/hUzI3Ui1Eok
  • Tirez sur le pianiste de François Truffaut (Les films de la pléiade) 1960
  • (1)  (2) (3) (4) In Wikipédia .
  • (5) Traduction  française : Anti Glissement.
  • (6) Le film est une adaptation du roman de John Goodis.

Benji Kronikeul: Edikanfo « Nka bom »

Edikanfo sur « Nka bom » issu de leur album  » The Pace Setters » de 1981.

Et oui même en voyage on pense Radio Krimi. Pourquoi? Parce que justement sa musique n’a pas de frontière !!! Je vous demande quand même juste un peu d’indulgence car le réseau internet est plus que limité en Birmanie.

Voici donc un album qui pour ma part marquera à jamais la musique ghanéenne. Parce qu’ il fut produit par Brian Eno, mythique musicien, arrangeur et producteur britannique qui fit parti notamment du groupe Roxy Music.
Ce groupe ghanéen, Edikanfo, était déjà un groupe accompli avant l’apparition de Eno alors que normalement celui-ci travaille en règle général, avec des groupes recherchant une nouvelle direction musicale.


Cette collaboration sera plus qu efficace : le groupe apprendra le rythme ghanéen à Eno et lui, leur apportera des conseil en ingénierie et autres techniques de studio. A l’écoute de cet album on peut constater que Eno et Edikanfo ont su créer une alchimie et chacun à apporter son « truc » pour créer un travail parfaitement homogène. Par ailleurs, quand on voit la qualité des musiciens on comprend tout de suite :
+Paa Akrashie – Alto Sax, Tenor Sax, Bugle, Percussions, Voix
+Gilbert Amartey – Basse, Percussions, Voix
+Albert Williams – Conga, Talking Drums, Vocals
+George Williams – Batterie, Chant Lead
+Kwesi Okran – Lead Guitar, Vocals
+William Quist – percussions, batterie, chant Maître
+Ismaël Odai – Piano, synthétiseur, Ensemble à Cordes, Voix
+Osei Tutu – Trompette, Percussion, Voix

Bref du lourd !!

6 titres donc sur cet album optimiste et étendu. Le fait en plus d’être sur EG Records leur permit de vendre beaucoup plus de disques à l’ouest ce qui est plutôt une très bonne chose. Ce sera d ailleurs le seul album. Encore facile a trouver en vinyle pour une somme entre 10 et 20 euros, ce qui est incroyable pour cette pépite !!!!

Le morceau « Nka Bom »est donc le premier morceau de ce LP et il annonce la couleur : un rythme terrible et efficace servi par des solos de génie au clavier et aux cuivres. Une ode aux rythmes africain !!! 6 minutes d’un pur bonheur. Encore une fois un morceau qui met en joie!
Tout les titres sont bons mais accordez également une attention toute particulière au morceau « Clignant des yeux », qui vaut son pesant de cacahuète.

Blitz the Ambassador et Oxmo Puccino ont sorti un morceau (une boucherie d’ailleurs) dont le titre est « Afrika is the futur ». Pour la musique certainement, pour la musique du passé c’est sur!

 

 

Edikanfo (cover)

Benji Chronikeul : Wilson Simonal « Nega Tijucana »

Pour ceux qui connaissent un peu le personnage et sa discographie, je pense qu’ils doivent trouver surprenant le choix de ce morceau qui est loin d’être un de ses plus célèbres parmi la ribambelle de galettes enregistrées surtout dans les années 60 et 70. Mais voilà, chez nous les hommes des montagnes, le temps est loin d’avoir été au beau fixe cet été, alors nous avons grandement besoin de soleil !

Véritable légende vivante au Brésil, Wilson Simonal de Castro est né le 28 février 1938 à Rio de Janeiro et mort le 25 juin 2000 à Sao Paulo. Sa carrière a connu son apogée lors des années 60 et 70. Pourtant en dehors de l’Amérique du sud, l’artiste est plutôt méconnu.  Et pourtant si je vous demande si vous connaissez des morceaux comme « Pais Tropical » ou « Sà Marina » chantés par Sergio Mendes (artiste beaucoup plus connu dans nos contrées européennes) la réponse est surement positive. Sauf que ces deux morceaux sont de Wilson Simonal ! Et oui.

Ne parlons alors même pas de son plus gros succés à ce jour « Nem Vem Que não Tem » repris en français sur le titre « Tu veux ou tu veux pas » et interprété par Zanini !

Bref un créateur de tube qui malgré un manque de popularité en dehors de son continent aura grandement contribué à faire danser la terre entière, surtout grâce à des interprétations de ses chansons par d’autres ! Alors n’hésitez surtout pas a écouter les versions originales écrites de sa main et qui ont un charme fou. Je vous donne même la liste de ses plus beaux albums : « Vou Deixar Cair » sorti en 66, « Alegria, Alegria » sorti en 67 ou se trouve le tube « Nem Vem Que não Tem », « Alegria, Alegria Vol. 2″ sorti en 68 ou se trouve le titre « Sà Marina », « Alegria, Alegria, Volume 3 » sorti en 69, et si vous voulez un best of « Não vem que não tem » sorti en 2010 ou vous pourrez retrouver le morceau « Pais Tropical ». Pour ma part, il est incroyable de constater que cet homme a sorti quatre albums magnifiques en……quatre ans !! Tout simplement mutant !

Le morceau présenté ici est donc un peu à part car non-présent sur aucuns des albums cités plus haut. J’ai eu la chance de le découvrir en diggant du vinyle chez un disquaire parisien. Je suis tombé dessus au fond d’un bac de 45T en face B. Sur la face A se trouve un morceau tout aussi merveilleux « Dingue Li Bangue » mais lorsque j’ai fais l’écoute de la face B… oulala, en trente seconde claque monumentale.

J’ai reposé le casque de suite et donné les huit euros demandé par le disquaire en ayant peur que finalement il en demande plus !

Le Brésil dans toute sa splendeur, qui donne la joie de vivre et l’envie de danser jusqu’à très tard !!!!!

A noter que le 45 T devient de plus en plus dur à trouver quand même!
Bonne journée en musique !!

Benji Chronikeul : Esther Marrow « Mama »

Dans le milieu de la musique on dit souvent, et non à tort, que des artistes ont été touché par la grâce sur certains morceaux. Je pense notamment à Bob Marley, Stevie Wonder ou Billy Paul par exemple. Si cela est vrai alors c’est également le cas pour Esther Marrow sur son morceau « Mama »

Mais avant toute chose une petite biographie s’impose car vous imaginez bien que ce n’est pas le seul coup d’éclat de la Diva.
Reine Esther Marrow est donc née en 41 en Virginie. Elle a commencé sa carrière à l’âge de 22 ans, lorsque ses talent et dons vocaux ont été découverts par Duke Ellington (rien que ça !). Elle fera d’ailleurs ses débuts d’artiste dans son « Sacred Concert Tour ».

Ils partageront une amitié profonde jusqu’à la mort du Duke. Depuis elle a joué avec la plupart des grands de la musique que sont Lena Horne, Ella Fitzgerald , BB King, Ray Charles, Thelonious Monk , Chick Corea et Bob Dylan .
Elle jouera ensuite un rôle important dans la lutte pour les droits civiques de la population Noire aux états-Unis auprès de Martin Luther King et bien d’autres encore. Elle s’impliquera également dans le théâtre, la télévision et le cinéma, jouant même pour plusieurs président et au Vatican pour le Pape Jean Paul II, c’est dire le talent de la dame!

Plus récemment, elle a fondé les Harlem Gospel Singers, un groupe évangélique internationale qui attirera en 1998 plus de cent milles personne lors du festival de Jazz de Montréal, un record.
Elle a sorti jusqu’à maintenant 6 albums et le morceau « Mama » est extrait de son premier : « Newport News, Virginia » sorti en 71.
Que dire de ce morceau ? A vrai dire je n’est même pas les mots. Je vous laisse donc vous faire votre propre opinion. Pour ma part dès que tombe dessus dans mon casque je me dis juste « Ho la la ! Elle est allée vachement loin là ! C’est juste une autre planète ! ».

Pour ne rien laisser au hasard, l’arrangement musical est de toute beauté et la façon dont elle débarque dans le morceau est incroyable !!
L’idéal est bien entendu de l’écouter en 45 T, le son est superbe et vous pourrez encore (si vous avez de la chance comme moi) le trouver à 10 Euros mais c’est de plus en plus rare !! Et oui des morceaux comme celui-là, ça ne court pas les rues… (ou alors essayer de choper l’album entier en 33 T, ça vaut son pesant d’or !)

Alors préparez vos oreilles et laissez vous emporter !! C’est cadeau.

Benji Chronikeul : Youssoupha « La Vie Est Belle »

Qu’il est difficile pour moi et mes compères, ou plus globalement pour la génération née dans les années 70, début 80 de parler du rap français actuel. En effet nous avons connu l’âge d’or de celui-ci. Celui ou les Mc’s avaient des choses censées à raconter, un message à faire passer, ou les groupes cultes gravaient sur galette les classiques d’hier qui sont malheureusement toujours les mêmes aujourd’hui !!!

Ils sont d’ailleurs de plus en plus dur à trouver en vinyle à part si vous êtes très riche ou si vous tombez sur une réédition (comme c’est le cas dernièrement avec NTM). La liste est exhaustive mais on va quand même se faire plaisir, nostalgie oblige : Ideal J sur « Original Mc » ou « Le combat continu », Oxmo Puccino sur « Opéra Puccino », Iam sur « L’école du micro d’argent » ou « Planète Mars .. », NTM sur « J appuie sur la gâchette » ou « Paris sous les bombes », La Cliqua sur « Conçu pour durer », Arsenik sur « Quelques gouttes suffisent », Lunatic sur « Mauvais oeil », 2Bal 2Neg sur « 3 fois plus efficace », Rocca sur « Entre deux mondes », ATK sur « Heptagone », Doc Gynéco (quand il ne faisait pas encore de politique !) sur « Première consultation » ou bien encore Assassin, Les Sages Poètes de la Rue, le 113, Le Minister Amer ou La Rumeur

Alors oui l’héritage est lourd à porter, oui les sujets commencent à manquer, mais que reste t’il aujourd’hui à ce rap français « new génération » aux paroles creuses, à leur « rap game » comme ils disent ? Et bien pas grand chose. Alors si il ne doit en rester qu’un se serait lui, Youssoupha, Youss ou bien encore le lyriciste bantou.
Il est né en 79 au Congo et il y vivra jusqu’à ses 10 ans. Il partira ensuite à Bruxelles pour finalement atterrir à Paris chez sa tante (à Cergy puis Sartrouville). Il passe son bac et obtient la meilleure note de l’académie de Versailles en français, il s’oriente ensuite vers des études littéraires. C’est après un cursus universitaire à la Sorbonne qu’il se consacre pleinement à la musique.

Son premier groupe est celui des Frères Lumières monté avec deux amis avec qui il sort un maxi. Après avoir fait un petit tour du coté du Ménage A 3, il sort son premier album solo en mars 2007 sous le nom de « A Chaque Frère » puis un second en 2009 « Sur les chemins du retour ».

Mais c’est en 2012 avec son dernier opus « Noir Désir » qu’il atteint la pleine maturité. Un album complet aux sujets diverses et variés ou les prises de consciences côtoient les punchlines provocatrices. On y parle de famille sur « Les disques de mon père » (le légendaire Tabu Ley Rochereau), la perversité de certaines femmes sur « Tout l’amour du monde », de règlement de compte sur « Menace de mort » ou « Irréversible », d’égo-trip sur « j’ai changé » ou un morceau dédié à l’Afrique sur « Espérance de vie » et j’en passe…

Bref un opus qui ressemble pour moi à un classique et à en juger par la difficulté de trouver le vinyle aujourd’hui, je pense ne pas être loin de la vérité !
Pourtant la plus grosse pépite reste le morceau présenté ici « La vie est belle ». Un morceau d’une noirceur incroyable mais finalement si proche de la réalité actuelle. Ou l’on écoute le Prism parolier parler avec rage et désespoir. Un titre ou le rap se mêle au Dubstep, ou les punchlines s’enchainent à un rythme effréné

« Do not forget, on te baise avec un sourire, et c’est la sodomie sponsorisée par Colgate »,

« J’veux pas croire que l’amour puisse faire si mal, j’veux pas voir les sidaïques squelettiques dans leur phase terminale » ou bien

« Pourquoi les politiques me laissent indifférents? Demande aux ados de Bangkok ce qu’ils pensent de Frédéric Henri***** ».

Un titre au vitriol donc, qui nous supplie d’ouvrir les yeux. Avec cerise sur le gâteau, l’intervention du maître des lieux, Monsieur Kery James, qui vient prêcher la bonne parole!
Un passage de témoin en quelques sorte, pour éviter peut être, que la dernière flamme du rap français ne s’éteigne pour de bon…

Benji.

Benji Chronikeul: Charles Aznavour « Comme Ils Disent »

Aïe, je ne sais pas pourquoi mais je pense que la chronique d’aujourd’hui va faire du bruit! Je vous entends déjà dire « Charles Aznavour !?!, mais il est pas bien le Benji, qu’es ce que fait ce truc ringard dans cette Chronikeul, c’est quoi ce bordel !!!! »
A ceux là je répondrai seulement de demander son avis à monsieur Dr Dre… Son morceau culte « What’s the difference » (Lp « 2001« ) est basé sur l’introduction de « Parce que tu crois » d’Aznavour.  Et je vous garanti que ce n’est pas le premier cité qui a été samplé par le deuxième !! 

Parenthèse effectuée, que dire sur Charles Aznavour qui n’a pas été dit. Immense auteur-compositeur-interprète, acteur et écrivain d’origine Arménienne ( il en est d’ailleurs le représentant permanent auprès de l‘ONU), connu et reconnu, idole de toute une génération. Désormais plus de 60 de carrière (il a commencé en 46 avec Madame Edith Piaf) et un nombre de titres mémorables tel « La Bohème », »Désormais », « les comédiens », « La mama », « Emmenez-moi » et j’en passe……..

Alors pourquoi ce titre « Comme ils disent »? Parce qu’à mes yeux il reste son chef d’oeuvre, son morceau le plus complet. Je m’explique : Ce titre j’ai du l’ écouter des centaines de fois, souvent par hasard à la télé, à la radio. Un beau morceau avec un texte magnifique qui met une belle tarte quand même mais pas de là « à péter une pile » comme on dit.
Sauf qu’ un jour je suis tombé dessus avec un bon matériel d’écoute parfait et là…. j’ai pris une espèce de claque intersidéral !C’est vraiment l’arrangement instrumental et musical qui reste hallucinant. J’ai littéralement redécouvert ce morceau! Bien que toute cette partie instrumentale soit là pour rendre le texte encore plus fort, je me suis toujours demandé pourquoi ne pas enlever les paroles. Car si on fait abstractions de celles-ci, c’est un véritable orchestre qui se découvre à nos oreilles. Parfois classique, parfois jazzy, bref un vrai répertoire musical a faire péter un plomb !!
Où est la face B sans les paroles ?

Alors n’hésitez pas, foncez et redécouvrez avec moi ce morceau superbe avec un bon casque sur les oreilles et du silence autour de vous. Focalisez- vous sur l’instrumentale derrière (malgré la piètre qualité du son de Youtube !) !! L’effet est garanti.
A noter que le 45T est trouvable à 1 euro !!! avec de la chance et que Monsieur Aznavour malgré ses 90 ans se produit encore sur scène.
Alors chapeau l’artiste.

 

Benji Chronikeul: Orchestra Makassy « Mambo Bado »

Voilà un morceau qui sent bon l’Afrique et l’Afrique de l’Est plus particulièrement !

En effet voici un groupe mythique composé au départ de musiciens de l’Ouganda et du Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo), qui a sévit sur la scène musicale surtout dans les années 70 à 80.

Ils bougèrent beaucoup par la suite notamment en Tanzanie ou le célèbre guitariste Mose Fan Fan (« Hello Hello Hello ») et le chanteur Remmy Ongala se joindront à eux. Des morceaux sublimes sortiront de cette collaboration tel « Mke wangu » ou bien « Molema ». Mais c’est finalement en 1982 qu’ils connaîtront leur plus grand succès au Kenya, à Nairobi, avec l’enregistrement de l’ AGWAYA sessions Nairobi au studio CBS Nairobi.

Un enregistrement qui les propulsent sur une autre planète en Afrique et qui fera de ce groupe une référence en matière de soukousse africaine même en Europe.
A partir de 82 plusieurs musiciens quittent le groupe au fur et à mesure et finalement c’est en 84 que cette collaboration se termine en ayant au passage fait danser des millions d’Africain et désormais la terre entière.
« Mambo Bado » qui veut dire « le meilleur reste encore à venir » fait donc parti de ces morceaux qui donnent la patate avec une rythmique qui est une invitation a bouger son boule.  

Il a été composé en 82 en Tanzanie et reste peut être le morceau le plus marquant du groupe.

Ça part de partout, avec des solos dans tous les sens, un vrai feu d’artifice !! Les solos cuivres restent juste débiles.
Alors tout le monde sur la piste de danse.

Benji Chronikeul : Supertramp -Child of Vision-

Changement de style ! Dernier morceau de l’album mythique du groupe « Breakfast in America« , il est loin d’être le plus connu.

Et pourtant il reste un modèle du genre dans le style Supertramp : 6 minutes 30 d’une mélodie harmonieuse avec en prime la voix reconnaissable entre mille de Roger Hodgson et un solo au clavier de trois minutes signé Rick Davies qui laisse rêveur…

Benji Chronikeul : Blu & Exile -Cent from Heaven-

Blu & Exile sur le morceau « Cent from heaven » avec son instrumentale planante à souhait !!!!

Loin d’avoir la renommée de certains groupes de Hip-Hop américains, Blu & Exile est composé de deux MC : le rappeur Johnson Barnes et le producteur de Hip-Hop Aleksander Manfredi.
Ils connaissent leur premier succès avec leur premier album intitulé « Below the heavens » que beaucoup considèrent comme une continuation de l’héritage Hip-Hop laissé par des groupes comme Jurassic 5 ou Pharcyde par exemple.

Leur deuxième et dernier album à ce jour intitulé « Give me my flowers while I can still smell them  » reste dans la continuité du premier. Des instrumentales chiadées avec un rap efficace toujours très smooth. Sur une bonne platine ce double LP s’écoute tout seul, cela coule de source !

Et pourtant le morceau « Cent from heaven », dernier morceau de cet LP, ne ressemble pas au reste de l’opus. En fait c’est une conclusion parfaite à cet album ou l’on rap tout en douceur !! Pourquoi ? Parce qu’il n’ y a pas de rap posé dessus, juste un mix accompagnant une instrumentale envoûtante !
Bref tout l’album est une ode à un rap posé tout en douceur. Alors laissez vous emporter par ce morceau qui vous fera plané un long moment. Un titre qui donne envie d’être heureux et qui vous fait dire que la musique reste un des meilleurs moyens pour avoir des good vibes !

A noter que le LP est facile a trouver, notamment sur le net, a un prix modique pour cette petite pépite d’album.
C’est mon poto Krimi qui m’avait fait découvrir ce bijou il y a quelques années. Big Up à lui et à ce propos si vous souhaitez prendre des tartes musicales toutes les trois minutes et refaire l’histoire de la musique c’est sur sa radio que ça se passe radiokrimi.com

Alors bon voyage !