Cet EP est né d’un plan qui n’a pas tout à fait fonctionné, mais qui a laissé derrière lui une petite pépite. Tout commence par une plaisanterie entre Javier Adán et Santi Rapallo, deux piliers de la scène jazz madrilène, pendant l’enregistrement de « El sonido bastardo », premier album de Danzón el Gato : ils se moquent de leur incapacité totale à danser. Ils imaginent alors de la musique sur laquelle ils pourraient enfin danser sur scène, et la soul s’impose naturellement. Avec les cuivres solides des frères García et la voix somptueuse de Rolita, ils enregistrent ces morceaux, dans l’idée de monter un groupe de soul live, sans revivalisme, pour la libération du dancefloor.
« Something Special » ouvre l’EP avec un son très tendu, « Fight » monte en intensité avec une Rolita rugissante, et « Soula Queen » déroule un swing irrésistible porté par des cuivres percutants. Mais, comme le disait Mike Tyson, tout le monde a un plan jusqu’à ce qu’il prenne un coup en pleine figure : le studio a été vendu, il a fallu déménager, et tout s’est arrêté. Il reste donc trois tubes imparables et la promesse de belles soirées dansantes. Gardons la foi.













