Aujourd’hui, 23 octobre, Sam Pounds sort « One In A Million », une collaboration avec le collectif soul/funk: Family Company. Il sort en partenariat entre Death Row Records et le label Vokall Records. C’est un morceau soul feel-good et apaisant, où sa voix épouse à merveille une instrumentation d’inspiration vintage. À cette occasion, Sam Pounds nous a accordé une interview, à lire ci-dessous. Il y a des artistes que l’on découvre dans l’ombre des plus grands avant de les voir enfin passer sur le devant de la scène. Sam Pounds en fait partie. Originaire de Bahama, en Caroline du Nord, ce chanteur, auteur-compositeur, multi-instrumentiste et producteur a bâti son « Rock N’ Soul » en mêlant ses racines gospel, la soul rétro, le R&B classique et le rock’n’roll d’antan. Installé à Los Angeles, il est devenu un songwriter et producteur très demandé. Il a travaillé avec Jamie Foxx, Snoop Dogg, T-Pain, Killer Mike, Jimmie Allen, Diane Warren et le regretté Liam Payne. Il a même décroché une reconnaissance aux Grammy pour sa contribution à l’album MICHAEL de Killer Mike. Signé chez Death Row Records, il a récemment publié « You Belong To Me », « Queen » et « I Got A Feeling ». Sur scène, il enchaîne les festivals en 2026, de La Nouvelle-Orléans à la Californie, avec Family Company, ses fidèles complices. 1. L’histoire de Death Row porte une mythologie que la plupart des artistes passent leur carrière à éviter plutôt qu’à hériter. Quand l’accord pour « One In A Million » s’est concrétisé avec Death Row et Vokal Records, qu’est-ce qui vous a convaincu qu’une ballade soul funk, et non un morceau de hip-hop, avait sa place dans ce catalogue ? Depuis la renaissance de Death Row, quand Snoop Dogg a racheté le label en 2022, il a tenu à mettre la soul à l’honneur, en commençant par October London, l’artiste phare du label. Ils ont ensuite signé d’autres artistes soul, comme Jane Handcock et Charlie Bereal. Avec « One In A Million », j’ai senti qu’une renaissance soul internationale était en marche, tandis qu’une autre se produit ici, aux États-Unis, avec Death Row en première ligne. J’entretiens depuis un moment une relation avec Death Row. J’avais la vision de relier ces deux mondes. Je veux que ce type de soul soit de nouveau entendu. 2. « One In A Million » assume une palette résolument vintage : groupe live, textures analogiques chaleureuses, aucun des raccourcis que la production moderne emprunte d’habitude. Était-ce une prise de position délibérée contre la façon dont on fabrique la plupart des R&B contemporains, ou simplement la seule manière honnête pour cette chanson d’exister ? À partir de maintenant, et pour le reste de ma vie, la musique que je chante doit me donner le sentiment d’être chez moi. Elle doit avoir ce lien nostalgique et émotionnel avec mon propre parcours et mon enfance. Pour exister en tant qu’artiste, je devais me rapprocher le plus possible du son dont mon âme avait besoin. Même si je sais écrire et produire du R&B contemporain, mon style vocal se tourne naturellement vers les groupes live : il reflète exactement ce que je fais sur scène. C’est tout simplement la manière la plus honnête pour moi de chanter et de m’exprimer à travers la musique, en accord avec mon identité artistique. 3. « One In A Million » est construite comme une ballade, un genre qui, parfois, vit ou meurt par la retenue, par ce que l’on choisit de ne pas chanter. À quel moment de ce titre avez-vous dû vous retenir le plus, et qu’est-ce qui vous a dit que prendre du recul était le bon choix plutôt qu’une occasion manquée d’aller plus fort ? Parfois, moins c’est plus. Je voulais que l’attention se porte sur les paroles, très conversationnelles, tout en gardant une écoute facile. La musique est un ressenti, et j’ai simplement chanté comme je le sentais. Se retenir me paraissait juste. Chanter avec bienveillance, c’est comme ça que je le décris. 4. Ce single se situe au croisement de deux institutions très différentes : le poids hip-hop de Death Row et l’identité propre de Vokal, issue d’Amsterdam. Que vous a permis cette combinaison avec « One In A Million » qu’un seul label n’aurait peut-être pas rendu possible ? Death Row est entré dans un nouveau monde, comme je l’ai dit. Snoop mène la charge de la soul américaine, et j’ai le plaisir et l’opportunité de construire avec lui. En parallèle, avec mon bon ami Jeroen Vokall, nous bâtissons une communauté internationale, un morceau et un projet à la fois. Pour une raison ou une autre, le timing semble parfait : nos âmes nous disent que c’est le bon choix. Nous le ressentons tous avec notre âme. C’était la meilleure façon d’amplifier ce type de musique. Les âmes ont besoin d’être nourries. e
Jeff Dynamite – The Powers That Be (Mighty Eye Records)
Après plus de vingt ans passés dans l’ombre de la scène soul, funk et rare groove moderne, Jeff Silverman, alias J. Dynamite, passe au premier plan avec son album solo The Powers That Be. Cofondateur de Truth & Soul Records, il a joué un rôle clé dans le renouveau soul new-yorkais né de Desco, Soul Fire, Truth & Soul et Daptone Records. Il a produit l’album Good Things d’Aloe Blacc, puis signé des musiques de jeux vidéo pour Rockstar Games sur GTA V et RDR 2. Pour ce disque, il retrouve des musiciens qui ont marqué cette renaissance : le bassiste Nick Movshon (Amy Winehouse, Aloe Blacc), Stuart Bogie (Antibalas, Dap-Kings) à la flûte et au saxophone, le guitariste Luke O’Malley, le batteur Miles Francis, le vibraphoniste Angelo Outlaw et le percussionniste Reinaldo DeJesus. L’album n’a rien d’un voyage nostalgique : J. Dynamite y transforme son expérience en une musique immédiate, personnelle et tournée vers l’avenir. Inspiré par l’esprit aventureux de Roy Porter, Donald Byrd, Del Jones ou Marcus Belgrave, il a voulu s’éloigner des codes devenus familiers de la « cinematic soul ». Il a bâti un disque de breaks rapides, d’invention mélodique et de mouvement constant, pensé autant pour les danseurs que pour les écoutes attentives. À la fois vintage et futuriste, entre soul, funk, jazz et musique latine, il marque le retour d’un producteur qui a influencé vingt-cinq ans de renouveau funk et qui raconte enfin sa propre histoire.
Mike James Kirkland & Monophonics – The Business (Ubiquity Records)
Après « Glowin’ » en 2025, Mike James Kirkland revient avec son premier album complet depuis longtemps, The Business, accompagné par les Monophonics. Le disque offre une soul riche en cuivres, qui alterne morceaux enlevés et ballades sincères, comme « Night Of Love », porté par un « Baby, I am ready » conquérant. Le producteur Kelly Finnigan y déploie une sophistication à la Philly soul sur « Where Did We Go Wrong » (cuivres, flûte, cor d’harmonie et sitar), arrange « Leading Lady » et chante en chœurs sur « Remembering Our Love ». Le morceau-titre, en midtempo et cordes à l’appui, dénonce l’injustice systémique et les violences policières, tandis que « Joyriding » apporte un groove estival et insouciant. L’album se referme sur « Glowin’ », inspiré de la version des Rationals (1969) de la composition de Dr. John, qui dit la quête d’équilibre spirituel plutôt que de réussite matérielle. Écrit et enregistré entre fin 2021 et mi-2022, avec Jimmy James (Parlor Greens) et Lou King (Ironsides), il marque le retour bienvenu d’une voix légendaire de la soul.
Zouratié Koné & The Astral Synth Transmitters – Zodu Were (Les Disques Bongo Joe)
Les Disques Bongo Joe, Black Sweat Records et Sing A Song Fighter présentent Zodu Were, collaboration entre Zouratié Koné, musicien burkinabè issu de la tradition griotte, et The Astral Synth Transmitters, alias du DJ et producteur bruxellois soFa. L’album sort le 11 décembre en LP et en digital. Zouratié Koné vient d’une lignée où la musique porte la mémoire. Depuis l’enfance, il se consacre au kora et au ngoni, qu’il joue et qu’il fabrique lui-même. Son approche associe un attachement profond aux formes héritées et l’envie de les faire évoluer. Enregistré à Bruxelles, le disque fait se rencontrer son jeu et sa voix avec les synthétiseurs, les boîtes à rythmes et la production décalée de soFa. Le résultat n’est ni un exercice de préservation, ni un simple habillage contemporain d’une musique traditionnelle. L’acoustique et l’électronique, l’ancestral et le futuriste, l’humain et la machine s’y nourrissent mutuellement. Le duo laisse ces contrastes visibles et en fait le moteur du disque. Le projet prolonge la démarche de soFa, après Lulanga Tales avec Nyati Mayi, en la confrontant à une autre histoire musicale. Le fil conducteur est l’idée de la collaboration comme espace où deux mondes musicaux se rencontrent sans que l’un absorbe l’autre : une musique comme mémoire, comme conversation, sans frontières. Zodu Were de Zouratié Koné & The Astral Synth Transmitters
Sun Atlas – Follow Your Sun (Phlegmatic Records)
Sun Atlas, collectif masqué et anonyme de Los Angeles, dévoile « The All Is Mind », deuxième single de son prochain album Law Of Attraction, attendu le 6 novembre chez Phlegmatic Records. Le titre glisse entre soul cinématographique, jazz spirituel, mélodies d’inspiration éthiopienne et grooves hypnotiques. Ses textures analogiques chaleureuses et ses percussions fluides lui donnent des airs de bande originale oubliée, familière mais impossible à situer. Instrumental et atmosphérique, il plaira aux amateurs de Glass Beams, Khruangbin ou Surprise Chef. Il fait suite à « Voodoo Cobra », qui introduisait le motif récurrent du serpent, symbole de sagesse, de transformation et d’éternité. L’album compte dix compositions, qui se lisent comme les chapitres d’un manuscrit retrouvé : « You’re Bound By Nothing », « Everything Flows » ou « Collective Divine ». Leur musique refuse toute étiquette géographique : ni africaine, ni moyen-orientale, ni américaine, ni européenne, mais ailleurs. Le collectif fait de l’anonymat une part de son œuvre, pour laisser toute la place aux compositions. Son premier album, Return To The Spirit (Mocambo Records, 2024), a été suivi par « 12th Dimension Caravan », qui dépasse 170 000 écoutes sur Spotify, et par une apparition au SXSW en 2026.
Sarah Tandy- Delicious Capricious (Kartel Music Group)
Pianiste, claviériste et productrice originaire de l’ouest de Londres, Sarah Tandy est l’une des voix singulières de la scène jazz britannique. Formée au classique à la Royal Academy of Music, elle s’est tournée dès 2014 vers la scène live londonienne. Elle a depuis donné trois concerts à guichets fermés au Ronnie Scott’s, joué au Jazz Café, au Love Supreme et au SXSW, et collaboré avec Nubya Garcia, Yussef Dayes, Yazmin Lacey, Binker Golding ou Basement Jaxx. Son EP de 2019 sur Jazz Refreshed a été soutenu par Gilles Peterson et Jamie Cullum. Elle a ensuite reçu le Parliamentary Jazz Award du meilleur instrumentiste en 2020. Pendant la pause forcée de cette année-là, elle s’est formée à la production électronique, ce qui lui a valu des crédits d’écriture et de production sur l’album Voice Notes de Yazmin Lacey. Elle sort aujourd’hui, le 16 octobre 2026, son premier album, Delicious Capricious, un voyage libre mêlant funk psychédélique, hip-hop, grime, trip hop et soul, porté par un amour manifeste de l’exubérance du jazz. Il accueille K.O.G., Kyra, Tee Peters et Akin Soul, ainsi que Binker Golding, Sheila Maurice Grey, Jamie Murray et Jihad Darwish. « Hyperjazz », premier single, est son titre le plus expérimental, avec synthés vertigineux et mesures impaires. « Pressure », avec la voix du Ghanéen K.O.G., puise dans le grime des débuts et l’afrobeat, entre musique de club britannique et électronique avant-gardiste. Delicious Capricious de Sarah Tandy
The Morganites – Something Special (Lovemonk)
Cet EP est né d’un plan qui n’a pas tout à fait fonctionné, mais qui a laissé derrière lui une petite pépite. Tout commence par une plaisanterie entre Javier Adán et Santi Rapallo, deux piliers de la scène jazz madrilène, pendant l’enregistrement de « El sonido bastardo », premier album de Danzón el Gato : ils se moquent de leur incapacité totale à danser. Ils imaginent alors de la musique sur laquelle ils pourraient enfin danser sur scène, et la soul s’impose naturellement. Avec les cuivres solides des frères García et la voix somptueuse de Rolita, ils enregistrent ces morceaux, dans l’idée de monter un groupe de soul live, sans revivalisme, pour la libération du dancefloor. « Something Special » ouvre l’EP avec un son très tendu, « Fight » monte en intensité avec une Rolita rugissante, et « Soula Queen » déroule un swing irrésistible porté par des cuivres percutants. Mais, comme le disait Mike Tyson, tout le monde a un plan jusqu’à ce qu’il prenne un coup en pleine figure : le studio a été vendu, il a fallu déménager, et tout s’est arrêté. Il reste donc trois tubes imparables et la promesse de belles soirées dansantes. Gardons la foi. EP de The Morganites
Tiwayo – Outsider (Record Kicks)
Le gros coup de cœur Radio Krimi de cette année ! Surnommé « The Young Old » pour sa voix au timbre intemporel, le chanteur et compositeur de soul parisien Tiwayo sort Outsider le 10 avril 2026 (LP, CD et digital). L’album est produit par Adrian Quesada, membre de Black Pumas et lauréat d’un Grammy Award. Son parcours atypique commence dans les couloirs du métro parisien, traverse le monde et le mène jusqu’au Sud des États-Unis, terre de soul et de blues. Salué par Norah Jones, Marcus Miller, Tony Visconti et Don Was, il a ouvert pour Curtis Harding et Cody Chesnutt. Après The Gypsy Soul of Tiwayo (Blue Note) et Desert Dream, il avait presque disparu des radars. Adrian Quesada a alors entendu ses démos, et leur rencontre aux Eurockéennes de Belfort l’a conduit à Austin, au studio Electric Deluxe. Il y a enregistré avec des musiciens de Black Pumas, dans une approche brute qui dépasse les genres. Doyle Bramhall II (Eric Clapton) joue sur trois titres, dont « Daddy Was Born with the Blues », hommage à son père disparu. Kendra Morris l’accompagne sur « Unchained Lovers », un duo dans la tradition deep soul. Entre introspection d’artiste (« I’ve Got to Travel Alone »), groove (« Up for Soul »), beauté du quotidien (« Sunshine Lady ») et résilience (« Dark Skies »), l’album est à la fois intime et universel. Un Français au Texas, chanteur de soul avec un cœur de bluesman, qui assume pleinement son statut d’outsider. Par ailleurs, Record Kicks sont en lice pour une nomination aux GRAMMY® Awards pour trois de leurs projets : Outsider de Tiwayo, dans la catégorie Best Americana Album ; Soul Woman de Michelle David & The True-tones, dans la catégorie Best R&B Album ; et Ornithologyde The Diasonics, dans la catégorie Best Alternative Jazz Album Outsider de Tiwayo
The Bamboos – On & On
Les Bamboos, figures de la soul de Melbourne, dévoilent « On & On », troisième single de leur 12e album studio Sugar On Top, attendu le 6 novembre chez Pacific Theatre Records. Porté par une ligne de basse roulante et la batterie insistante de la section rythmique historique Yuri Pavlinov et Graeme Pogson, le titre accueille la voix de Reginald AK, chanteur-batteur du groupe Steppers et fils de Kylie Auldist, déjà entendu sur « Safe From Harm » en 2023. Dans ses paroles, il évoque l’écriture comme remède à l’angoisse et l’importance de foncer face au changement. Les deux premiers singles, « Rockets & Flowers » et « Sugar On Top », ont été salués par KEXP, BBC 6 Music et de nombreuses radios en Europe, en Australie et en Amérique du Nord. L’album de dix titres réunit aussi Rita Satch et Tim Rogers (You Am I), avec Kylie Auldist en pilier vocal depuis vingt ans. Enregistré avec le coproducteur John Castle à Launceston, en Tasmanie, il arrive alors que « I Don’t Wanna Stop » (2006) dépasse le milliard de lectures sur TikTok, relancé en 2026 par un remix de Cosmo’s Midnight. Sugar on Top de The Bamboos
![Sam Pounds - You Belong To Me [Death Row Records Vokall Records]](https://www.radiokrimi.com/wp-content/uploads/2026/10/cover-4.jpg)
















